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Chats et schizophrénie : une étude suggère un lien, faut-il s’inquiéter ?

Une analyse de 17 études suggère un lien entre l’exposition aux chats et certains troubles apparentés à la schizophrénie.

Chat tigré détendu sur un canapé avec une personne lisant en arrière-plan

Que signifie ce résultat pour les personnes qui vivent avec un chat ? Pour le comprendre, il faut distinguer ce que les chercheurs ont observé, l’hypothèse envisagée et ce que leur travail ne permet pas de conclure.

Que montre cette analyse de 17 études ?

Les chercheurs John McGrath, Carmen Lim et Sukanta Saha ont réuni 17 études dans une revue systématique publiée dans Schizophrenia Bulletin, dans un numéro de 2024. Ils ont examiné les relations entre l’exposition aux chats et des troubles apparentés à la schizophrénie, ainsi que des expériences de type psychotique.

Plusieurs analyses retrouvent une association statistique avec les troubles apparentés à la schizophrénie. Les résultats concernant les expériences de type psychotique sont plus contrastés et n’ont pas pu être regroupés en une estimation commune.

Pourquoi les chercheurs s’intéressent-ils à la toxoplasmose ?

Une hypothèse étudiée concerne Toxoplasma gondii, le parasite responsable de la toxoplasmose. Les chats peuvent en excréter dans leurs selles, mais l’infection humaine peut également passer par des aliments contaminés ou de la terre souillée.

Posséder un chat ne signifie donc pas être infecté, et une personne sans chat peut contracter la toxoplasmose. Surtout, cette analyse ne démontre pas que le parasite explique l’association observée : cette piste reste une hypothèse à approfondir.

Est-ce la preuve que les chats provoquent la schizophrénie ?

Non : une association statistique ne prouve pas un lien de cause à effet. Observer davantage de troubles dans certains groupes exposés aux chats ne suffit pas à attribuer ces troubles à l’animal.

Les études regroupaient des expositions différentes : possession d’un chat, contacts avec l’animal ou morsures. Les caractéristiques des participants, leurs conditions de vie et la manière de recueillir les informations peuvent aussi influencer les résultats.

Des critiques scientifiques ont porté sur certains choix d’analyse de cette méta-analyse. Les auteurs demandent eux-mêmes des recherches de meilleure qualité : leur travail ne permet pas de calculer le risque personnel d’un propriétaire de chat.

Une maladie qui ne s’explique pas par un seul facteur

Selon l’Organisation mondiale de la santé, aucune cause unique de la schizophrénie n’a été identifiée. Les recherches évoquent une interaction entre une prédisposition génétique et différents facteurs environnementaux.

Il serait donc trompeur de réduire cette maladie complexe à la présence d’un animal. L’association mérite d’être étudiée, mais le rôle causal des chats reste non démontré.

Quelles précautions prendre au quotidien ?

Pour limiter l’exposition à la toxoplasmose, les CDC recommandent de nettoyer la litière quotidiennement et de se laver les mains après manipulation. Porter des gants pour jardiner, rincer les fruits et légumes et cuire suffisamment la viande sont également des gestes utiles.

Évitez aussi de donner de la viande crue à votre chat. En cas de grossesse ou d’immunodépression, demandez à un professionnel de santé les précautions adaptées.

Ces mesures préviennent une infection ; elles ne constituent pas une prévention démontrée de la schizophrénie. Cette étude ne justifie pas, à elle seule, de se séparer de son chat.

Sources : méta-analyse dans Schizophrenia Bulletin ; discussion méthodologique ; OMS ; CDC.